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Saviez-vous que l’épidémie de grippe espagnole, survenue au lendemain de la Première Guerre mondiale, a aussi touché la Baie-des-Chaleurs? En septembre 1918, la première vague atteint le Québec et, avec un pic à la mi-octobre, va s’étendre jusqu’en décembre. Dans le comté de Bonaventure, quelque 2878 personnes vont attraper la grippe espagnole, dont 72 décèdent dans la première vague. Lors de la deuxième vague, de février à avril 1920, 41 personnes sont emportées par l’épidémie. L’histoire se souvient également du Dr Henri-Josué Martin qui, malgré ses 75 ans, s’est dévoué à la cause dans la Baie-des-Chaleurs.

Au Québec, l’épidémie est gérée par le Conseil central d’hygiène de la province qui donne les règles à suivre. La quarantaine est obligatoire dans les villages alors qu’écoles et églises sont fermées. Les cloches annoncent les décès. Dans une maison infectée, le malade est isolé et les draps et le linge de corps sont désinfectés en les faisant bouillir dix minutes, avec un mélange d’eau et de chlorure de chaux. Les mouchoirs et les chiffons de papier sont brûlés. Les personnes infectées se gargarisent avec de l’eau et du sel ou du peroxyde d’hydrogène et se placent de la vaseline boriquée ou mentholée dans le nez. Beaucoup portent aussi un petit sac de camphre pour se protéger contre la grippe.

Au Québec, ces deux vagues ont entraîné la mort de 15 394 hommes, femmes et enfants.

Paul Lemieux, historien
Écomusée Tracadièche

Novembre 2020

Dans les cimetières de Saint-Omer, l’ancien, et de Carleton se dressent des pierres tombales de gens qui ont connu la mort en ces années de pandémie, en 1918 et 1920.

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